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13/02/2011

Echanges spontanés…

Jeudi dernier, une de mes amies me racontait avoir reçu un message de Jean-François Copé par internet, lui demandant de suivre l’émission avec le Président de la République et de laisser dans la foulée des commentaires… sur internet. Elle me demandait comment ce message avait pu lui parvenir, car elle n’a jamais adhéré à l’UMP, ni même milité…Je lui ai avoué de pas être au courant.

J’avoue ne pas y avoir accordé beaucoup d’importance, croyant à un épisode isolé, jusqu’à ce que j’écoute dans le courant de la journée, un journal télévisé sur BFMTV racontant l’énergie que semblait dépenser le secrétaire général de l’UMP, via internet, pour « contrer la désinformation et les campagnes de démagogie de certains médias orchestrées par l'opposition".

Pourtant, puisque cette émission était diffusée en direct, il aurait été difficile de transformer les propos des intervenants (rappelez-vous lorsqu’en direct au journal du soir, Ségolène Royal a incité les lycéens à descendre dans la rue…Souvenez-vous le tollé qui a suivi et son échec, lorsqu’elle a voulu faire croire qu’on avait déformé ses paroles… J’avais à l’époque fortement réagi sur ce blog))

"Je vous invite donc à réserver votre soirée pour la passer avec le président de la République", a écrit le secrétaire général dans une lettre adressée aux militants.

"Je compte particulièrement sur vous pour faire part de vos réactions et commentaires sur les différents sites d'actualités disponibles sur internet. Vous qui le soutenez avec force et fidélité, vous qui avez compris les enjeux et le courage que la situation de notre pays impose, vous serez les premiers à pouvoir relayer les messages qu'il adressera aux Français", a ajouté M. Copé.

"C'est un moment privilégié pour réunir vos proches et votre entourage afin d'échanger et de partager vos réactions sur les messages délivrés par le président de la République".

Faut-il avoir eu peur d’un échec de cette émission et de ses suites pour avoir ainsi procédé à une telle communication sur internet. Un exercice d’influence qui pourrait s’avérer fortement contre productif et qui de plus, n’a servi à rien. Il semble que regarder l’émission n’ait pas motivé les militants UMP à se ruer sur le net.

Et, quant à moi, qui ne reçoit plus rien de l’UMP depuis longtemps, même pas d’ailleurs de réponses à des lettres ayant un caractère officiel et non offensif, j’ai reçu aussi un mail, mais le lendemain de l’émission.

« Chère Amie, Cher Ami,

Vous trouverez en téléchargement un « argu-flash » concernant l'intervention de Nicolas Sarkozy lors de l'émission "Paroles aux Français".
Pendant plus de 2h30, le Président de la République a eu un échange direct et franc avec les Français. Il n’a esquivé aucun sujet et a tenu à apporter des réponses concrètes à ses interlocuteurs, en remettant en perspective et en expliquant notre action mais aussi en développant des propositions, en ouvrant les débats pour l’avenir. Alors que nos adversaires se complaisent dans les injures et les attaques de personne, nous devons tous nous mobiliser pour relayer le message d’espoir et de mobilisation du Président de la République. Et nous devons nous aussi aller à la rencontre des Français et échanger avec eux !
Sachant pouvoir compter sur votre mobilisation, je vous prie d'agréer, Chère Amie, Cher Ami, l'expression de ma sincère amitié. Jean-François COPE ».

 Les Français, qu’ils soient militants UMP ou non, ne seraient-il pas capables de se faire une idée par eux-mêmes… C’est faire bien peu de cas de leur propre jugement.

Au fait, les commentaires étaient-ils libres ou modérés (soumis à autorisation préalable) ?

Dominique Baud

10/02/2011

Communication de l’Institut pour la Justice (http://www.institutpourlajustice.com/

« Madame, Monsieur,

Depuis que le corps de la pauvre Laetitia a été retrouvé dans un lac près de Nantes, juges et responsables politiques se renvoient la balle comme des adolescents irresponsables.

Personne ne veut admettre qu'il y a une solution simple pour empêcher qu'un acte d'une telle barbarie ne se reproduise.

C'est pourtant évident : Tony Meilhon, le principal suspect, était un criminel violent multirécidiviste qui avait déjà été condamné 15 fois par la Justice.

QUE FAISAIT-IL DEHORS ???

A 31 ans, Tony Meilhon était libre comme l’air, malgré 7 nouvelles plaintes déposées contre lui. Pourquoi ? Parce qu'à chaque fois, il a agressé des gens, il a été attrapé, jugé... puis relâché peu après.

Est-ce que la Justice manque de moyens ? Non. Elle manque de fermeté.

Est-ce que les magistrats devraient être sanctionnés ? Non, car dans la plupart des cas, ils ne commettent "aucune faute", comme ils aiment tant à le répéter.

Ils appliquent simplement la Loi française, qui ne prévoit plus de sanctions assez sévères, y compris pour les psychopathes les plus dangereux.

Ce qu'on appelle la "perpétuité" équivaut en moyenne à 20 ans de prison actuellement. L'horrible assassin de Laetitia ressortira probablement à 50 ans (il n’en a que 31 aujourd’hui).

Mais il y a pire : la loi française oblige les juges à accorder à tous les criminels des remises de peine. Quand ils sont condamnés au tribunal à 10 ans, cela veut dire qu'ils doivent pouvoir ressortir au bout de six ans (en moyenne). C'est leur droit.

Je n'invente rien. On ne le dit pas à la télévision mais ce sont bel et bien les lois qui ont été votées en France.

C'est une vérité qui est soigneusement dissimulée au citoyen "de base", car ces lois ont évidemment été votées contre la volonté de la majorité.

Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy parle de "sanctions" et les magistrats sont "en grève".

Mais il y a une certitude :

Dans une semaine, un mois, trois mois au plus tard, un autre crime comme celui commis contre Laetitia fera la une des journaux.

C'est un fait : un autre monstre, peut-être plus dangereux encore que Tony Meilhon, sera libéré par la Justice française, et assassinera une nouvelle personne. C'est inéluctable :

Tant que notre loi ne changera pas, et qu'on ne prévoira pas des peines adaptées, dissuasives, et qui permettent réellement de débarrasser la société des sadiques dangereux, nous sommes condamnés à voir encore et encore des jeunes femmes de notre pays se faire atrocement assassiner !!

Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Je ne suis pas en train de faire campagne pour la peine capitale, ni de suggérer qu'il faille infliger aux criminels des peines dégradantes.

Mais il existe aujourd'hui de multiples solutions, respectueuses des droits de l'homme, qui permettent de neutraliser un individu ultra-dangereux, lorsqu'il a prouvé à plusieurs reprises qu'il n'hésiterait jamais à passer à l'acte.

Il n'y a pas besoin d'attendre qu'ils aient commis un assassinat avec acte de barbarie. C'est pourquoi nous avons lancé cette pétition aux pouvoirs publics.

En effet, le profil de ces assassins est presque toujours le même : ils commencent par des "petits" actes de délinquance, puis franchissent à chaque fois un cran supplémentaire.

Entre 1996 et 2003, Tony Meilhon accumule 8 condamnations pour vol avec dégradation, vol en réunion et violences aggravées. Il est condamné par une Cour d’Assises en 2001 pour un crime d’une barbarie que je ne peux même pas, par respect pour vous, vous décrire ici.

Mais le 25 août 2003, il est déjà libre de nouveau ! C’est là qu’il part à l’assaut, dans la même journée, d’une poste, d’une station-service et d’un bureau de tabac. Un braquage violent, sous la menace d’une arme de poing.
C'est à ce moment-là qu'on aurait pu, qu'on aurait dû agir pour le neutraliser.

En effet, l'évolution inquiétante de Tony Meihon crevait les yeux à ce moment-là. Ecoutez le témoignage du buraliste qu'il a agressé :
Il a sorti un flingue de son blouson. (…) Il m'a dit : "Donne-moi la caisse." (..). Puis quelqu'un est entré dans le magasin. Il a sorti une bombe lacrymogène et nous a aspergés. Il a dit quelque chose comme : "Tu bouges, je te bute".

Il raconte le procès :
A mes côtés, la gérante de la station-service était complètement traumatisée. Elle avait été frappée à coups de crosses et laissée à terre. Elle était sous médicaments.
Tony Meilhon, lui, "avait un air narquois. Je pense qu'il savait qu'il ne risquait pas grand-chose. Il se jouait du système, il était blasé. Il regardait souvent sa montre. On voyait bien qu'il s'en foutait. Je me rappelle qu'il avait dit que la prison était moins difficile que ce qu'il imaginait. »
Tony Meilhon encourt alors au moins 20 ans. La Justice le condamne à… 3 ans !!! Qu’il ne fera évidemment pas entièrement grâce aux remises de peine automatiques dont bénéficient tous les détenus.
Pourtant, les experts étaient formels : d’après eux, Tony Meilhon avait des « tendances psychopathiques », une « impulsivité » et une « facilité à passer à l’acte ». Bref, une extrême dangerosité.

Après 8 condamnations pour violences, quelles circonstances atténuantes la Justice a-t-elle pu retenir pour ne pas le condamner à 20 ans ?
Mais la loi française permet aux juges et aux jurés de choisir une peine entre zéro et vingt ans. Il n'existe pas de peine minimum.

Ils ont donc choisi trois ans... mais il n'y a "aucune faute" de leur part !!!Après cette condamnation, Tony Meilhon a évidemment recommencé les violences. Il est à nouveau passé devant des magistrats, qui ont eu à plusieurs reprises l’occasion de le neutraliser pour longtemps.

La mort de Laetitia n'est donc pas causée par un manque de « moyens » !
Elus et médias nous disent que le seul problème dans cette affaire, c’est que Tony Meilhon n’a pas eu rendez-vous avec un éducateur une fois par mois.
C’est vraiment se moquer du monde : qui peut croire que cela aurait changé quoi que ce soit et que cela aurait pu empêcher un monstre de son espèce de tuer Laetitia ?
Il est temps de dire la vérité : nos lois doivent prévoir des peines beaucoup plus sévères et neutraliser plus longtemps des individus aussi dangereux. Et je compte sur vous pour le dire à nos gouvernants en signant la pétition ci-dessous.

Laurence Havel
Secrétaire nationale

Institut pour la Justice

140 bis, rue de Rennes75006 Paris

Signez : http://institut-pour-la-justice.pro-petition.fr/meurtre-de-laetitia-c-en-est-trop

00:34 Publié dans Justice | Lien permanent | Commentaires (8)

09/02/2011

DES responsables…

J’ai écouté avec beaucoup d’attention, sur BFMTV, ce vendredi 4 février à 19h20, Philippe BILGER, Avocat Général près la cour d'appel de Paris.

D’emblée, il a regretté que règne « une présomption de culpabilité des magistrats et d’innocence des politiques ». Et confirme que, «le système politique a été alerté et n’a pas bougé ».

A la question de savoir si « les magistrats ne pourraient-ils pas avoir la culture de la responsabilité ? », il répond « Oui, mais encore faudrait-il que les politiques prennent leurs responsabilités, car c’est un dysfonctionnement à l’origine, qui est responsable des carences successives ». Et il a rappelé un constat, « celui de l’inertie de la chancellerie en 2010 ».

Il regrette que « 800 dossiers aient été mis de côté par les magistrats », mais considère que « les magistrats ne sont pas coupables, car ils n’ont pas à assurer le fardeau de l’inertie politique ».

Philippe BILGER a déclaré « qu’il ne participerait pas à ces mouvements et que les magistrats n’honoreraient en ne portant pas atteinte à l’intérêt des citoyens, même s’ils doivent répondre aux attaques dont ils ont fait l’objet sur l’affaire du meurtre de Laetitia ».

Il a rappelé « avoir souvent défendu le candidat SARKOZY, quand il présentait des démarches positives ». Mais là, il n’est pas d’accord « que le président croit jouer sur du velours en attaquant les magistrats à l’occasion d’une affaire aussi dramatique ».

Il défend les magistrats de Nantes accusés de fautes qu’ils n’ont pas commises, alors même « qu’aucune enquête n’est d’ailleurs parvenue à établir de telles conclusions ».

Il comprend que « cette désignation de coupables, bien au delà des syndicats, ait provoqué l’indignation des magistrats ».

 A son tour, Yves Charpenel s’est confié au Parisien, ce samedi 5 février 2011

Avocat général à la Cour de cassation et ancien directeur des affaires criminelles et des grâces, il n’est pas surpris par la réaction des magistrats, « car ce n’est pas la première fois qu’ils sont mis en cause par le chef de l’Etat ».
S’il trouve « normal de vouloir sanctionner quelqu’un qui a commis une faute », il considère néanmoins que « le discours du chef de l’Etat va bien au-delà de cette évidence et qu’une nouvelle fois, Nicolas Sarkozy s’est emparé d’un drame qui nous afflige tous, en tant que citoyens, pour en faire porter le chapeau aux magistrats et aux fonctionnaires et que ce n’est pas acceptable ».
S’il trouve « normal de rechercher les responsables », il regrette « que le président de la république ne les recherche pas, il les désigne d’emblée » ! « A entendre le président de la République, les magistrats et les fonctionnaires sont même les complices de Meilhon ! C’est oublier que, bien avant l’assassinat de Laëtitia, les responsables du suivi de cet homme avaient demandé de l’aide à leur ministère de tutelle, expliquant qu’ils manquaient de moyens pour faire correctement leur métier… »

Mais, il reconnait aussi que « même si des moyens supplémentaires avaient été donnés aux magistrats et fonctionnaires, il n’est pas sûr que ce drame aurait-il été évité. »
« Souvenez-vous de Michel Fourniret », cite t-il, « il était libre et respectait scrupuleusement son contrôle judiciaire. Cela ne l’empêchait pas, en sortant du bureau du juge, d’assassiner des petites filles. Une chose est sûre, cependant : quand les moyens manquent à ce point, le risque augmente considérablement »
L’ampleur de la réaction des magistrats ne le surprend pas car « ce n’est pas la première fois que Nicolas Sarkozy les met en cause ». Mais cette fois-ci, il qualifie l’attaque « particulièrement violente et absurde » et déclare que « la réaction de ses confrères est à la mesure de leur sentiment d’injustice. »
Il aurait été préférable, « avant de désigner des boucs émissaires, de vérifier si une faute a été effectivement commise »…. « Forcément, il va y avoir de la rancœur ».

Je m’en tiendrai à ces deux interventions majeures même si bien d’autres ont suivi depuis.

Je suis la première à réagir contre le mauvais fonctionnement de la justice, ses lenteurs, les erreurs qui conduisent à des décisions qui mettent en danger la vie d’autrui, et un certain laxisme. Mais, la justice est censée respecter les lois. Et les lois, elles sont votées par les parlementaires, la plupart sous l’impulsion et avec l’accord du gouvernement en place.

Mais dans cette affaire, il y a d’abord une jeune fille morte dans des violences extrêmes, une famille en deuil, un village meurtri. Il y a ensuite des alertes multiples adressées avec insistance, multiplicité aux plus hautes instances de l’état sans aucun retour de quiconque.

Alors oui, devant cette situation, il faut chercher les responsables. Et pour trouver les responsables, il ne suffit pas de se décharger sur autrui.

Dominique Baud

08/02/2011

Nouvelle Halde…

Voilà que la Halde se réunit pour « préciser sa doctrine sur le port de signes religieux dans le privé, notamment dans les crèches et les maisons de retraite ».

De quoi se poser des questions, voire même de s’inquiéter lorsqu’on se souvient de sa prise de position dans l’affaire « Baby Loup ». La Halde avait soutenu la salariée portant le foulard dans la crèche, mais heureusement le conseil des prud’hommes avait confirmé le licenciement décidé par la direction de la crèche.

Mais il semblerait que son nouveau président ait compris que de telles positions ne sont pas forcément les meilleures pour assurer la cohésion nationale. Il semble même qu’il soit soucieux de protéger les publics sensibles et dépendants (enfants des crèches et colonies, personnes âgées et malades des maisons de retraite), et que pour ce faire, il considère que la neutralité religieuse s’impose. A suivre…

De là à penser qu’il n’aurait peut-être pas soutenu la salariée licenciée de Baby Loup ???

La Halde pourrait-elle devenir l’alliée des chefs d’entreprise qui sont aujourd’hui préoccupés par les revendications de plus en plus fréquentes voire même virulentes des femmes voilées. Car céder aux demandes de salles de prière, à celles aménagements d’horaires pour le ramadan et pour les menus de cantine… pour ne pas avoir de complications serait le plus mauvais des comportements.

Dominique Baud